Comme je respire je pense à toi
Comme je respire je pense à toi/ Youssef Alaoui Solaimani
Comme je respire je pense à toi
Youssef Alaoui Solaimani
Comme je respire je pense à toi, je t’aime. Je te l’avais exprimé de ton vivant, en vers et en prose. Je le réitère aujourd’hui, envers et contre tous. Éternel le pacte, sacré le contrat. Si tu avais eu un chat je l’aurais aimé tout autant, dans le respect fondamental de la foi. Les chiens traquent les chats francs et aboient, par prédation, par instinct. Immondes, abjects, sournois, ils exècrent ces mamies-fer et les redoutent à la fois. Tu les avais vus à l’œuvre, déjà ton pur lignage avant toi, ta famille de même, et même moi.
Comme je respire je pense à toi. Émoi du printemps, des rendez-vous, des abeilles, de la fourmilière, émoi de la caravane qui passe, traçant sa voie. Traversant le désert tu restais droit, guide, quiet et coi. Nourri et abreuvé par le jeûne et logé à l’abri dans les cœurs. Seul Dieu suffirait à témoigner pour les intentions et les ardeurs. L’oiseau a perdu l’éclat d’autrefois, derrière la grille des côtes, bat de l’aile dans une cage en désarroi.
Comme je respire je pense à toi. Un jour, un dessein, un destin, un homme, toi, puis trois, et une lettre au roi, et là combien êtes-vous ? À quel prix ? Il s’agit d’un véritable tour de force, en période de crise, « les années de plomb » de surcroît, cela est encore plus difficile, un exploit. Grâce à Dieu. D’ailleurs, jeune témoin de cette époque, de quoi sais-je parler aujourd’hui, hormis des livres et de l’amour que tu nous as légués, en héritage…et de leur emploi ? Pardi ! une sacrée responsabilité. Bienheureux celui qui troque son linceul contre une tunique en soie. Bienheureux celui qui recherche la face de Dieu, dont la miséricorde embrasse toute chose. Que Dieu te couvre de sa miséricorde: Son Attribut est Sa Loi.