المالية الإسلامية: رافعة أساسية في أداء المقاولة

Finance islamique: Levier fondamental de la performance de l'entreprise

تعتبر المالية الإسلامية شقا من الاقتصاد الإسلامي المرتكز أساسا على أخلاق المشاركة والتضامن والتكافل استمدادا من العقود المالية التي سطرها الفقهاء في بطون مصنفاتهم مستندين على آيات الكتاب المجيد وسنة المصطفى وهديه السديد.

وقد دعت ضرورة الزمان في إطار تزاحم الأفكار وتقارع التجارب أن ينبري رجال الصحوة الإسلامية، أمثال أبي الحسن الندوي ومحمد باقر الصدر وغيرهما، ليبينوا للعالم أن الإسلام قد جاء بما يحل الأزمات الاقتصادية التي تخبط فيها العالم نتيجة استغراقه في التعاملات الربوية سواء في أزمة 1929 أو أزمة 2008.

نسعى في هذه البحث أن نبين القواعد الذهبية والمبادئ الأخلاقية التي ترتكز عليها الصيرفة الإسلامية (المحور الأول) ثم المنتوجات البديلة التي يطرحها البنك التشاركي الإسلامي (المحور الثاني).

 وفيما يلي نص البحث باللغة الفرنسية.

Finance islamique : Levier fondamental de la performance de l’entreprise

La performance comme notion est couramment utilisée tant dans la littérature que dans les milieux organisationnels pour désigner un certain niveau d’excellence.

Au sens strict du terme, une performance est un résultat chiffré dans une perspective de classement (par rapport à soi – améliorer ses performances et/ou par rapport aux autres).

Aujourd’hui, les entreprises sont confrontées à de nombreux défis – tels que la concurrence intensive, la mondialisation des marchés, les turbulences de l’environnement économique… – auxquels leur performance est très sensible. Il paraît évident que, dans les années à venir, réussiront uniquement les entreprises qui seront plus aptes à tirer profit des opportunités et à réduire les menaces auxquelles elles seront confrontées.

En effet, maintes approches se combinent pour réussir la performance d’une entreprise y compris l’approche financière qui consiste à se poser la question suivante : « Comment la finance islamique peut-elle contribuer à la performance de l’entreprise ? »

Pour que cette performance commerciale soit durable, les entreprises doivent développer la qualité et les moyens mis en œuvre pour l’assurer, la satisfaction des clients, le service aux clients et les conseils qui leur sont donnés…

La diffusion rapide de la finance islamique constitue donc un potentiel de croissance pour les pays islamiques puisque de nombreuses observations empiriques suggèrent l’existence d’un lien étroit entre le développement du secteur financier et la croissance.

Dans cette communication, je vais aborder les règles et les préceptes de la finance islamique au premier lieu (premier volet) puis je passe à ses produits qui garantissent la performance de l’entreprise (deuxième volet).

Premier volet : Finance islamique : Règles et préceptes

La finance islamique s’articule autour de quelques règles d’or par lesquelles on peut la qualifier d’une finance éthique en toute sérénité et quiétude.

Cette finance éthique occupe une part de plus en plus importante dans les médias. Certains y voient une réponse à la crise de 2008 et aux excès de Wall Street en permettant de lutter contre la cupidité et d’établir une réconciliation entre morale et rentabilité, comme les américains le disent :« Doing well by doing good ».

Pour faire face à la crise d’éthique, on appelle – comme alternative et remédiation – à  l’économie humaine[1] et sociale, à l’économie verte[2], et l’économie mauve[3].

L’investissement éthique y compris la finance islamique s’appuie sur les critères ESG (Environmental, Social, Governance), couvrant comme leur nom l’indique les enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise. Elle n’engendre pas les crises systémiques telles l’inflation, le chômage et encore moins les faillites économiques.

L’objectif de la finance islamique reste encore un objectif de rentabilité, il ne substitue pas un système de sélection des actifs pour un autre, il ajoute seulement un filtre supplémentaire à cette sélection par le biais des règles et préceptes exhortés dans le Coran, la Sunna et le Fiqh. On peut en citer :

  • Le partage des profits et des pertes[4]: La banque islamique intervient directement dans les différentes opérations dans lesquelles elle « participe » ou elle « finance ». En cas de prêt, le système financier islamique s’intéresse à la productivité du projet et non à la solvabilité de l’emprunteur. En revanche, le système financier classique s’intéresse à la solvabilité de l’emprunteur, il attache peu d’importance à la viabilité du projet.
  • La primauté de l’homme sur le capital : L’économie islamique cherche à lier le développement économique au développement social parce qu’elle combine, de nature, le spirituel et le matériel comme une apparence d’une vie humaine unique et indivisible où la réalisation du profit social et humain est la caractéristique la plus importante de la Banque Islamique. C’est construire une « économie de l’Homme et pour l’Homme », par et pour « tout l’Homme et tous les Hommes ». Si on considère la finance islamique comme alternative à la banque traditionnelle qui est construite sur un fond de philosophie libérale et purement pragmatique et dont le seul mot d’ordre est le profit et la richesse, c’est parce qu’elle tienne compte de l’aspect social dans le cadre du développement social et de la réalisation de l’intérêt public. En fait, l’argent dans le culte musulman revient au début et à la fin à Dieu et pas de propriété absolue des biens et exclusive de l’Homme.
  • La priorité du travail sur l’intérêt (l’usure) : L’argent ne doit pas naitre spontanément de l’argent. Un capital, pour être productif doit être fécondé par le travail ou investi dans une activité créatrice de richesse ; L’usure est un frein à l’investissement ; les détenteurs de capitaux abandonnent le commerce et l’industrie sachant qu’ils peuvent s’enrichir en pratiquant le loyer de l’argent. L’islam interdit le riba, parce que au lieu d’investir, l’usurier va spéculer avec son argent sans se rendre compte du fait qu’il contribue à créer un pouvoir d’achat sans contrepartie, ce qui provoque l’inflation, la hausse des prix, et le chômage. Aussi, les méfaits de l’usure retombent sur les consommateurs et ce sont les pauvres qui en souffrent. Prenons par exemple un industriel, un commerçant ou un éleveur qui emprunte une somme d’argent avec des intérêts ; il va répercuter ces intérêts sur les prix des produits que nous allons acheter ou consommer. Donc ce sont les consommateurs (enfin nous-mêmes) qui supportent les intérêts. On peut reformuler cette règle par la suivante : « La production précède la distribution ».
  • La transparence contractuelle : la finance islamique veille à la clarté et la transparence des contrats et prohibe la spéculation (gharar et maysir) qui est est une opération d’achat et de vente de produits basée sur des prévisions en rapport avec la conjoncture économique, les fluctuations des prix et les aléas du marché. C’est en quelque sorte un pari sur l’avenir non dépourvu de risques. Elle ressemble aux jeux de hasard. Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation, affirme : « L’impact de la spéculation financière sur la flambée des prix alimentaires est désormais largement reconnu, et ce phénomène doit être contrôlé au plus vite »[5].
  • La tangibilité des transactions : la finance islamique se base sur l’économie réelle et opte à l’adossement de toute opération financière à un actif tangible et pas de spéculaire, de purement monétaire, et pas de commerce de dette. On ne peut pas vendre un produit inexistant, imprécis ou fictif.
  • L’interdiction des marchandises immorales : en référant à la révélation islamique il n’est pas permis de faire du commerce et d’investissement dans les secteurs considérés comme illicites par les versets coraniques et les hadiths prophétiques tels que le tabac, les boissons alcoolisées, les jeux de hasard, l’élevage et le vente du porc, l’armement illégal, la pornographie, etc.
  • La répartition des richesses et interdiction de la thésaurisation : L’Islam a interdit de thésauriser les richesses sans y prélever les droits d’Allah et sans les dépenser dans ce qui est rentable pour l’individu et la société ; l’argent doit normalement circuler entre les gens pour stimuler l’économie, ce qui apporte un profit à tous les membres de la société. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : ﴾ A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux. ﴿ (Coran : 9/34). L’investissement des épargnes est l’objectif principal de l’activité de la banque islamique, en plus de véhiculer et distribuer la richesse afin qu’elle ne soit pas entassée chez une poignée de riches alors que la majorité écrasante de la population vit dans la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion.
  • La bonne gouvernance : Le Coran incite les musulmans à maintes reprises de se pencher vers la sagesse et la bonne gouvernance en tous les cas y compris l’investissement et la gestion d’épargne tel que le verset de la dette qui la plus longue des versets dans le Coran…
  • L’ancrage territorial des entreprises: En se référant à la philosophie islamique en la matière on constate que le développement durable est l’une des priorités les plus marquantes de l’économie islamique en encourageant les entreprises surtout débutantes, en incitant sur le travail, et en luttant contre le chômage et la paresse, même par l’investissement direct quand la banque se charge d’investir elle-même directement les dépôts qui lui sont confié par ses clients, en créant des sociétés industrielles, agricoles ou de services. La banque est dans ce cas entièrement responsable de la gestion de ces sociétés. Cette méthode d’investissement n’est pas beaucoup utilisée parce qu’elle demande des moyens de gestion importants et des techniques d’administration diversifiées que la banque islamique ne peut à elle seule assurer à présent.
  • L’indépendance politique : La banque islamique doit être dépendante politiquement comme elle doit avoir une stratégie sociale et sociétale à côté de la vision lucrative, et non pas exclusivement au profit du capitalisme, ou sous la merci d’un autre courant qui peut la manipuler à sa guise ou l’orienter à son gré.

Après avoir aborder les principes de la finance islamique nous passons à présent ses modalités en mettons en exergue ses contributions à la performance de l’entreprise.

Deuxième volet : Les produits de la finance islamique garantissant la performance de l’entreprise

Après avoir collectés les fonds, la banque islamique a une deuxième et importante mission qui est celle de l’utilisation de ces fonds dans des projets viables. Sa position d’intermédiaire financière fait d’elle un bailleur de fonds appelé à financer différents secteurs de l’économie. En effet, la mobilisation des fonds et des capitaux dans la finance islamique s’appuie sur des concepts juridiques différents de ceux des banques traditionnelles (Muhsin Muhammad, 1981).

L’ensemble de la pratique de la finance islamique repose sur des modes de financement qui ne font pas intervenir le paiement d’intérêt, d’une manière générale, ils s’appliquent à des opérations d’investissement, d’achat de marchandises, de services ou d’actifs immobilisés. On peut en citer :

I- La Mocharaka (Partenariat actif) : Cette modalité est l’une des produits phares de la finance islamique moderne, on peut la définir comme suit : « Partenariat d’investissement dans lequel les conditions de partage des profits sont prédéfinies et les pertes sont proportionnelles au montant investi ; c’est une forme de capital investissement. »

Certes, la banque participative islamique ne se contente pas d’octroyer le fond d’investissement sous forme de prêt comme se passe avec la banque conventionnelle mais – et ça l’essentiel – devient un partenaire avec l’entreprise après une étude bien détaillée du projet présenté par cette dernière.

Ce partenariat prend deux forme : permanente (associés sans limites de temps) ou temporaire ou décroissante (la banque se retire peu à peu lorsque la jeune entreprise tiendra sa bonne santé par la vente des actions ou d’une autre manière préalablement décrite sur le contrat).

La banque islamique se penche au moins sur deux objectifs : le gain de l’argent en tant que banque, et l’entraide présenté à l’entreprise débutante ou émergente en contribuant à sa performance en vue la réalisation du développement durable de la patrie.

Ce qui est marquant dans ce type de contrat est l’élément des risques encourus par la banque islamique, et ce on le trouve également dans ce qu’on appelle le capital-risque.

Les institutions financières islamiques encourent les mêmes risques que ceux des banques classiques, mais sont exposées à des risques supplémentaires spécifiques aux produits conformes à la Charia. Il existe deux grands types de risques : les risques financiers et les risques commerciaux.

Les risques financiers peuvent être divisés en risques de crédit[6], risques de liquidité[7], et risques de marché[8]. En outre, les risques non-financiers contiennent: les risques de régulations, les risques opérationnels[9] et les risques d’ordre juridique[10].

Nous avons cité une catégorie de risque commun aux opérations financières conventionnelles, mais pour laquelle les banques islamiques sont exposées parfois avec plus d’acuité en tant qu’investisseur en capital. En plus on peut citer une seconde catégorie de risque spécifique aux banques islamiques tel que les risques de réputations[11], les risques de convergence[12], les risques de conformité (connaissance de contexte religieux), les risques commerciaux déplacés, etc.

   On peut distinguer cinq stades d’intervention de la banque islamique en partenariat avec avec l’entreprise à l’instar  du capital-risque[13]  précisé par le professeur F.Tabourin:

  1. Le Seed financing: C’est le stade ou le risque est le plus fort. Le « venture capitaliste » investit sur un projet porté par une équipe.
  2. Le start up: C’est le financement de création ; le start up allant de la mise en œuvre de la production jusqu’à la mise sur le marché.
  3. La croissance: C’est le financement de la croissance, stade ou les besoins en fonds propres sont en règle générale très importants : Investissements en BFR et en matériels pour assurer le développement.
  4. Le décollage: Selon le professeur F. Tabourin il s’agit de la dernière augmentation de capital avant l’introduction en bourse. L’entreprise doit renforcer sa structure financière avant de faire appel au marché. (Phase mezzanine).
  5. La maturité: La période de maturité peut correspondre à une introduction en bourse. Cette étape correspond au retrait de l’apporteur de capital-risque.

Sous cette technique (la mochraka) on y trouve plus de formes surtout dans l’entreprise agricole telles que :

  1. Mossaqat (sharecropping) : C’est une sorte de joint-venture (coentreprise) destinée aux vergers dans le secteur agricole pour partager le produit d’une existante entre les partenaires, et ce, selon leur contribution respective.
  2. Mozaraa (métayage) : C’est un contrat par lequel l’un des contractants donne sa terre à l’autre partenaire en vue de la cultiver en mettant en commun les semences. C’est une sorte de joint-venture dans le domaine agricole pour partager le produit d’une nouvelle plantation. La banque peut fournir la terre ou les fonds nécessaires contre une part dans les récoltes.

ii – La modaraba (Partenariat passif) : (partenariat d’investissement aussi) : Technique de financement utilisée par les banques islamiques dans laquelle le capital est intégralement fourni par la banque tandis que l’autre partie assure la gestion du projet. Les bénéfices sont partagés selon une clé de répartition fixée au préalable et les pertes éventuelles sont supportées par l’investisseur.

A la différence de la mocharaka, ou le partenaire (mocharik) peut participer à la fois au travail, au capital ou à la gestion, dans la modaraba, la banque se contente d’assurer le capital en renonçant à la gestion. Alors vu l’ampleur du risque, la majorité des banques islamiques utilisent technique de la mocharaka pour veiller davantage sur leurs capitaux dans un monde où la confiance devient moins en moins rare.

iii – La Morabaha (Contrat de vente avec marge de bénéfice) : C’est la forme de crédit qui permet au client d’effectuer un achat sans avoir à contracter un emprunt portant intérêt. La banque achète un bien (mobilier ou immobilier) sur commande du client, puis le lui vend en différé avec marge de bénéfice selon la durée.

Pour la performance de l’entreprise (agricole, industrielle, ou de services), la banque islamique contribue à l’achat du terrain du siège de l’entreprise ou à son expansion ou également acheter le matériel (engins de production, outils de maintenance, moyens de transport ou de livraison…).

  1. L’Ijara (Crédit-Bail ou Leasing) : C’est un contrat de crédit-bail aux termes duquel la banque achète un bien pour un client, puis le loue en crédit-bail pour une période déterminée. Ijara-wa-iqtinae: similaire à l’Ijara, à cette différence près que le client a la possibilité d’acheter le bien à la fin du contrat.
  2. Alistissnaa: (Financement préalable ou progressif) : contrat d’acquisition d’un bien avec paiement progressif du prix au fur et à mesure que le bien est construit.
  3. Assalam: C’est un contrat prévoyant le prépaiement de marchandises livrées ultérieurement. Aucune vente n’est possible si les marchandises n’existent pas au moment du contrat mais ce type de vente, qui fait figure d’exception, est autorisé à condition que les marchandises soient définies et la date de livraison, fixée. Ce type de vente porte généralement sur des biens physiques, à l’exclusion de l’or et de l’argent, qui sont considérés comme des valeurs monétaires.

En terme de performance ; et par manque de fonds, l’entrepreneur (agricole, industriel, ou commercial) peut avoir recours à la banque islamique pour emprunter le capital nécessaire pour produire un produit bien déterminé afin de le vendre la banque au bout de la séquence par un prix moins cher du marché, et ainsi les deux contracteurs en tire des profits.

vii. Les opérations concessionnelles ou prêt de bienfaisance (secteur à but non-lucratif) : la banque islamique attribue une caisse particulière pour collecter et gérer les dons (Zakat, charité, Hiba, Waqf…), ces opérations sont indispensables pour légitimer la banque islamique, non seulement à l’égard du public, mais aussi de l’Etat et ses représentants (Chapra, M’Umar, 1970). Les actions sociales de la banque se veulent en fait complémentaires et solidaires de la politique de crédit de bienfaisance des autorités monétaires qui consiste à faire des prêts sociaux et gratuits aux pauvres et nécessiteux, et à ceux qui ne peuvent fournir des garanties suffisantes. On en cite : Qard-Alhassan (prêt bienveillant[14]), Prêts sociaux de bienfaisance[15], et Prêts  gratuits sans participation aux bénéfices[16].
Théoriquement, il y a un grand nombre de modes de financement islamiques, et la porte reste ouverte pour la création de nouvelles formules, pourvu qu’elles soient conformes aux règles de la charia.

Dans le même cadre, nous citons le sukuk, qui est l’équivalent isla­mique d’une obligation où l’intérêt devient un profit prévu. Cette forme d’obligation est particulièrement utilisée pour le financement des projets immobiliers et d’infrastructures. Le marché des sukuk a connu ces der­nières années une croissance fulgurante en passant de moins de 5 milliards en 2002 à plus de 40 milliards de dollars américains en 2007 (Soumaré, 2009). Malgré sa forte croissance des dernières années, le sukuk demeure un instrument de financement complexe qui peut être basé sur l’une ou l’autre des formes de financement décrites plus haut.

À côté de ces instruments, il existe l’assurance islamique Takaful ; du point de vue de l’Islam, elle doit satisfaire les quatre critères suivants :

-Elle doit pouvoir être convertie en donation ;

-Elle doit être fondée sur le principe islamique de la coopération ;

-Elle ne doit comporter aucun élément assimilable à l’usure (l’intérêt) ;

-Le surplus éventuel doit être distribué aux assurés (en cas de ré­sultats négatifs, la compagnie se réserve le droit de demander aux assurés d’effectuer un paiement additionnel afin d’équilibrer les comptes).

Conclusion :

Comme nous avons constaté, et puisque l’argent est le nerf de la vie, la législation islamique cherche à travers la réglementation de son usage à édifier une société équilibrée dans laquelle la justice sociale devient une réalité qui procure une vie honorable à tous ses membres. La richesse est une parure du monde d’ici-bas comme l’a dit Allah, exalté soit-Il, (sens du verset) : « Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. »  (Coran : 18/46). L’Islam a créé des systèmes dont la mise en application garantit une vie décente à chaque individu de la société.

La finance islamique constitue une pierre angulaire dans la promotion de l’entreprise et la réalisation de son performance spécialement chez les contractants, qu’ils soient investisseurs ou entrepreneurs, qui visent à gagner de l’argent pour eux, et sans oublier de rendre service à leur patrie, tout en s’éloignant des transactions prohibées par l’Islam.

Ayant fait ses preuves dans de nombreux pays, la finance islamique est une alternative aux crises successives qui ébranlent le système financier mondial ; en témoignent les cris de détresse et les appels au secours de certains pays occidentaux en direction du monde arabe. De nombreux experts occidentaux ont d’ailleurs reconnu les vertus salvatrices de la finance islamique et ses capacités de résistance aux crises économiques.

Cependant ils restent des limites et des défis à franchir en cherchant l’excellence telles que :

  • Les banques islamiques jouent surtout sur la concurrence au lieu de la différentiation, elles labourent dans un univers qui n’est pas forcément hospitalier, elles veillent à survivre en premier lieu.
  • Elles se concentrent largement sur la transaction mourabaha, craignant d’encourir les risques qui ne cessent d’apparaitre, alors que le cœur de la finance islamique est l’association capital-travail et pas seulement la négligence de l’usure.

Références

– Al-ZUHAYLI, W. (2003). Financial Transaction is Islamic jurisprudence, Vol. 1. Beirut, Lubnan: Dar al-Fikr al-Mouaser.

– HARON, A. ET HIN HOCK, J L. (2007).‘‘Inherent Risk: Credit and Market Risks’’, in Simon Archer & Rifaat Ahmed Abdel Karim, Islamic finance: the regulatory challenge, Edition John Wiley&Sons, Ltd, pp. 94-119.

– HARRISON, A. (1996). ‘‘Opennes and growth: A time-series, cross-country analysis for developing countries’’. Journal of development economics 48:419-447.

– KHAN, T. ET AHMED, H. (2001). ‘‘Risk Management : An Analysis of Issues in Islamic Financial Industry’’, Islamic Development Bank.

– KHAN, M.M. (1986).‘‘The Framework and Practice of Islamic Banking’’, Revue: Finance et développement, P.33-44.-

– SALMAN, S.A. (2004). ‘‘Islamic Modes of Finance and Associated Liquidity Risks’’, Paper prepared for Conference on Monetary Sector in Iran : Structure, Performance and Challenging Issues, Tehran.

– SUNDARARAJAN, V. (2007).‘‘Risk Characteristics of Islamic Product: Implications for Risk Measurements and Supervision’’, in Simon Archer & Rifaat Ahmed Abdel Karim, Islamic finance: the regulatory challenge, Edition John Wiley&Sons, Ltd, pp. 40-68.

– ZAHER, T.S. ET HASSAN, M.K. (2001). ‘‘A Comparative Literature Survey of Islamic Finance and Banking’’, Financial Markets, Institutions & Instruments, 10(4).

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[1] – Le terme « économie humaine » a été proposé en 1940 par Lebret, qui l’a fait reposer sur trois piliers : « l’idéal communautaire, la hiérarchie des besoins et la solidarité ».

[2] – L’économie verte est l’activité économique qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources.

[3] – Elle désigne une économie qui s’adapte à la diversité humaine dans la mondialisation et qui prend appui sur la dimension culturelle pour valoriser les biens et services.

[4] – Cette règle a comme équivalence en anglais : « no pain no gain » et en jurisprudence islamique : « Alghonmo bi Alghormi ».

[5] – Libération Economie du 11 février 2013.

[6] – Il apparaît lorsqu’une contrepartie présente un défaut de paiement (perte de créance) ou par retard de paiement. Par ailleurs, dans les contrats participatifs (moucharaka et moudaraba) le risque de crédit se produit lorsque la contrepartie ne paie pas la part qui revient à la banque islamique sachant que le montant à payer n’est pas connu à l’avance. Dans les contrats Mourabaha et Salam, la banque islamique avance les fonds ; elle subit non seulement un risque de contrepartie sur la livraison du bien acquis pour le compte de son client, mais aussi un risque que le bénéficiaire ne le reprenne pas. (Chapra & Khan 2000),

[7] – le risque de liquidité reflète le risque de retrait massif des dépôts, Ce risque pèse davantage sur les banques islamiques pour plusieurs raisons. Premièrement, la banque islamique ne peut recourir au marché interbancaire, au marché monétaire en raison des implications du taux d’intérêt formellement interdit par la loi islamique. De ce fait, la banque islamique ne peut pas investir ses liquidités excédentaires à court terme dans des obligations. Ainsi, les contrats istina, ijara, moucharaka et moudaraba, poussent la banque islamique à investir dans des actifs réels pour dégager davantage de profits alors que les ressources sont à court terme. Or, ceci contribue à déformer le bilan bancaire, ce qui provoque un risque de liquidité que les banques islamiques ne peuvent résoudre en l’absence d’un marché interbancaire dédié.

[8] – Comme les banques conventionnelles, les banques islamiques sont sensibles au risque de variation de prix de l’actif sous-jacent qu’elles détiennent, mais elles subissent également un risque du taux de rendement en plus de son leur exposition au risque de change et des prix des actions, (Haron & Hin Hock, 2007 ; Sandararajan, 2007 ; Akkizidis & Khandelwal, 2008).

[9] – Ce risque opérationnel se manifeste par le risque de non-conformité des produits bancaires avec les principes de la doctrine islamique résultant principalement du manque de personnel compétent et qualifié qui nécessitent un savoir-faire spécifique notamment en banque (finance, droit…) et en jurisprudence commerciale islamique (fiqh al-mouamalat). La multiplication des transactions d’achat, de vente et de location accumule les risques de documentation. La banque islamique est exposée également au risque de « malhonnêteté des emprunteurs qui peuvent toujours dissimuler leurs bénéfices pour donner moins à la banque, ainsi que l’aventurisme de certaines personnes qui se permettent de prendre de grands risques avec l’argent d’autrui et qui trouvent dans les banques islamiques l’occasion de satisfaire leurs rêves » (Benamansour, 1994). De même, les outils informatiques présents sur le marché ne correspondent pas au critère de ces institutions islamiques ce qui ajoute un autre type de risque opérationnel lié à l’utilisation de la technologie informatique par les banques islamiques (Khan & Ahmed, 2001).

[10] – Il se divise en deux risques : les risques internes sont ceux dus par exemple, à des erreurs dans la formulation des supports contractuels. Les risques internes sont ceux produits par un excès d’interprétation des instances judiciaires ou aussi à des vides juridiques.

[11] – risque émanant d’un comportement irresponsable d’une seule institution bancaire islamique qui pourrait entacher la réputation des autres banques dans l’industrie. La publicité négative peut avoir un impact significatif sur la part de marché de l’institution, sur sa rentabilité ainsi que sur sa liquidité.

[12] – Etant donné que la finance islamique contemporain est encore plus jeune (seulement en 1975) il souffre de manque de bonne gouvernance découlant de la rareté de ressource humaines qualifiés, d’une négligence dans la conduite des affaires et la satisfaction des obligations contractuelles, et un faible environnement interne et externe des institutions.

[13] – Le capital risque en France Principes et bilan Francis TABOURIN Maître de Conférences Université Paris Dauphine http://193.51.90.226/cahiers/ca8901.htm

[14] – Cet instrument peut être utilisé afin de dépanner un entrepreneur faisant face à des difficultés ou aider les individus qui sont en difficulté ou ont besoin d’argent. La plupart des banques islamiques possèdent des fonds de zakat (basé sur l’obligation islamique de zakat ou aumône prescrite, l’un des cinq piliers de l’islam) sur lesquels elles peuvent compter pour venir en aide aux emprunteurs en détresse.

[15] – Ce sont que des prêts gratuits qui s’inscrivent surtout dans le rôle social que la banque joue dans la société. Généralement, ils sont accordés aux nécessiteux et aux groupes socialement faibles. Le remboursement se fait sans paiement d’intérêt au terme convenu ou sur demande du préteur. C’est ainsi que des crédits sont octroyés aux petites coopératives pauvres en capitaux, cherchant à couvrir des besoins financiers vitaux, aux petits paysans, aux étudiants issus de milieux pauvres désirant poursuivre leur étude, etc….

Enfin, pour la conciliation de l’argent et du religieux, des réalisations concrètes sur le plan social peuvent avoir lieu. En effet, la banque islamique apporte sa contribution financière aux projets de constructions d’hôpitaux et de cliniques, de mosquées ou encore de centre de formation professionnelle.

[16] – L’emprunteur s’engage à retourner l’équivalent de ce qu’il a reçu en dépôt. Par exemple, le client reçoit une somme d’argent d’une institution qu’il doit rembourser à une date convenue et sans aucune charge d’intérêt. Ces crédits gratuits et sans participation aux bénéfices sont souvent utilisés comme un apport pour financer des opérations d’exportation, augmenter la productivité d’un projet ou organiser des foires commerciales.

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